Un consort de violons, qu’est-ce que c’est ?
À la Renaissance, la musique occidentale est essentiellement écrite de manière polyphonique, sans réelle hiérarchie entre les différentes voix : loin de composer selon la forme d’une mélodie soliste accompagnée, les compositeurs du XVIe siècle écrivent majoritairement des pièces à quatre, cinq, huit, douze, ou même plusieurs dizaines de voix, sans qu’aucune ne soit plus importante qu’une autre.
Traditionnellement, les musiques tant profanes que religieuses peuvent être jouées aux instruments et/ou interprétées par des chanteurs puisque la majorité d’entre elles présentent un texte. Le plus souvent, celui-ci est d’origine poétique profane ou issu d’un texte liturgique. Pour exécuter l’œuvre, les chanteurs se répartissent les voix selon leur tessiture vocale, du plus grave au plus aigu. Ainsi naissent les familles d’instruments : pour jouer ces œuvres à plusieurs voix, il est nécessaire de dupliquer un même instrument sous plusieurs tailles différentes afin qu’il puisse obtenir la tessiture requise pour interpréter au mieux sa partie.
Un ensemble d’instruments de la même famille, de la basse au dessus, est appelé un consort.
De nos jours, la tradition des consorts se redécouvre : nombreux sont les consorts de flûtes à bec ou de violes de gambe qui fleurissent depuis le début des années 1980. Mais au XVIe siècle, il existait également des consorts d’instruments moins représentés aujourd’hui, tels les dulcianes, les cromornes, mais aussi un instrument pourtant considérablement réputé dans le monde de la musique classique : le violon.
Formation amplement répandue à la Renaissance, le consort de violons voit le jour en Italie du Nord au tout début du XVIe siècle et se développe rapidement au sein de toute l’Europe. Les violonistes italiens voyagent en diffusant leur musique auprès des plus grandes cours européennes, mais aussi dans un cadre plus populaire, dans la rue ou les tavernes, créant un véritable lien avec la danse et les musiques traditionnelles populaires. Les violons accompagnent aussi la prière en devenant l’un des instruments privilégiés des offices, miroirs de la magnificence des églises et des cathédrales auxquelles ils offrent un son clair et direct. Joués debout, en bandoulière pour les instruments de basse, ils permettent de suivre les processions religieuses lors des grandes fêtes liturgiques.
La Renaissance signe le début d’une période au sein de laquelle la famille du violon devient universelle.
Le XVIIe siècle, ainsi que les siècles suivants, feront foi du formidable essor du violon puisqu’il restera, jusqu’à aujourd’hui, l’un des instruments privilégiés du monde musical. Même si l’instrument prédominant de cette famille reste aujourd’hui le violino canto (c’est à dire l’un des violons les plus aigus à la Renaissance), le violino alto et basso ont subsisté, aujourd’hui communément nommés alto et violoncelle. Seul le violino tenore ne trouve pas de réelle équivalence luthière à notre époque.


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